" Je suis Stéphane Cauret, artisan Vannier,
tisseur de nature et de liens "

Le choix du coeur, devenir "tisseur de nature"

Issu du milieu commercial, c’est au fil de mes voyages, de la Guyane à l’Europe, que j’ai découvert l’univers du tressage.
Fasciné par les structures du vivant, des toiles d’araignées aux nids d’oiseaux, en passant par l’ingéniosité des termites ou des fourmis, j’ai trouvé dans la nature un maître d’apprentissage silencieux, un souffle d’inspiration constant.

Autodidacte pendant quatorze ans, j’ai exploré plusieurs disciplines artisanales : le cannage, le paillage en tissu, la tapisserie d’ameublement, la couture et la sellerie. La vannerie sauvage, cette pratique ancestrale qui utilise les ressources végétales locales comme la ronce, le jonc, l’ortie ou le noisetier a été pour moi une révélation. Travailler avec la matière brute, cueillie directement dans la nature, m’a permis de développer un lien intime avec mon environnement.

De retour sur les bancs de l'École
pour affûté mon savoir-faire

Convaincu de la nécessité de consolider mon savoir-faire, j’ai suivi une formation professionnelle d’un an à l’École nationale d’osiériculture et de vannerie de Fayl-Billot, en Haute-Marne.
Dans ce haut lieu de la tradition vannière française, j’ai appris les techniques rigoureuses de la vannerie à base d’osier, tout en affirmant ma sensibilité artistique.

Depuis 2021, je suis installé comme artisan vannier à mon compte, au sein de mon atelier grenadin. J’y conçois des pièces uniques, où la tradition dialogue avec la création contemporaine : vannerie fine, cannage, paillage en tissu, objets sur mesure… Mes mains sont mes outils, mais c’est bien de mon esprit et de mon coeur que naissent les formes et les modèles.

J’aime expérimenter, mélanger les matières : osier, fer forgé, céramique, cuir ou bois se rencontrent dans des créations hybrides, où le fonctionnel devient poétique.

Tresser des fibres naturels et créer des liens

Je cultive moi-même six variétés d’osier, choisies pour leurs couleurs naturelles et leur souplesse, et je m’approvisionne également chez des osiériculteurs de Champagne-Ardenne, attachés comme moi à la qualité et à la durabilité des matériaux.

Mais ce que j'aime aussi c'est la rencontre avec l’autre, client, curieux, artisan ou simple passant, c'est ainsi que mes idées se nourrissent, se transforment, prennent sens. Créer, c’est dialoguer. C’est faire grandir un projet ensemble, en croisant les regards et les imaginaires.

Être vannier aujourd’hui, c’est perpétuer un savoir ancien tout en l’ouvrant au monde. C’est tresser des fibres, certes, mais aussi des liens, des idées, des émotions.